Comprendre un revenu micro

Cotisations, impôt et TVA : trois calculs différents

La somme facturée, l’assiette fiscale et le disponible ne correspondent pas au même montant. Ce guide les sépare avec des hypothèses que vous pouvez vérifier.

Mis à jour le Dernière vérification le

Commencer par quatre montants distincts

Le chiffre d’affaires hors taxe correspond aux recettes de l’activité. Les cotisations micro-sociales sont calculées sur ce chiffre d’affaires selon la catégorie déclarée. Les frais professionnels réduisent ce qu’il vous reste, sans diminuer cette assiette sociale. L’impôt sur le revenu dépend ensuite du régime fiscal choisi et de votre foyer.

La TVA suit un autre mécanisme : lorsqu’elle est applicable, la somme collectée pour l’administration ne constitue pas votre revenu. Ne la mélangez ni au tarif hors taxe ni à la réserve destinée à payer vos cotisations.

Cas fictif : 50 000 € de CA et 6 000 € de frais

Le scénario retient une activité libérale BNC hors Cipav au taux micro-social 2026 de 25,6 %, sans ACRE et sans versement libératoire. Il suppose que le régime micro s’applique et ne modélise ni activité mixte ni régime particulier.

Calcul annuel avant impôt et prélèvements annexes
CA hors taxe encaissé50 000 €
Cotisations : 50 000 × 25,6 %12 800 €
Frais payés6 000 €
Disponible avant IR, CFP et CFE31 200 €
Base fiscale micro-BNC : 50 000 × 66 %33 000 €

Les 33 000 € de base fiscale ne sont pas de l’argent disponible. Ils proviennent de l’abattement fiscal de 34 %, qui remplace la déduction des frais réels pour ce régime. Il ne faut donc pas déduire une seconde fois les 6 000 € de dépenses et les 12 800 € de cotisations de cette base forfaitaire.

À titre de projection, avec une seule part, aucun autre revenu, aucun avantage fiscal et le barème 2026 sur les revenus 2025, l’impôt brut sur 33 000 € serait d’environ 3 004 €. Il resterait alors environ 28 196 €, avant CFP, CFE et autres prélèvements éventuels. Ce croisement de paramètres sert à comprendre le calcul : il ne constitue pas une déclaration fiscale des revenus 2026, dont le barème définitif peut différer.

Le taux social dépend de l’activité, pas du métier affiché sur un devis

Pour 2026, le modèle utilise 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les services BIC, 25,6 % pour les activités libérales BNC hors Cipav et 23,2 % pour les activités relevant de la Cipav. Ces catégories ne couvrent pas toutes les situations. L’intitulé commercial de votre prestation ne suffit pas à identifier votre régime.

La contribution à la formation professionnelle et les taxes éventuelles ne sont pas ajoutées à ces taux dans TJMCalc. Une simulation qui applique uniquement le taux micro-social n’est donc pas un montant exhaustif à payer à l’administration. Vérifiez votre déclaration Urssaf et provisionnez les autres échéances.

Dans le cas à 50 000 €, augmenter les frais annuels de 6 000 à 10 000 € réduit le disponible avant IR de 31 200 à 27 200 €. Les cotisations restent de 12 800 €. C’est pourquoi une activité avec beaucoup d’achats peut nécessiter une autre comparaison qu’un simple classement des taux.

ACRE : comparer le démarrage et le fonctionnement durable

Pour les créations micro à compter du 1er juillet 2026, l’hypothèse ACRE du calculateur retient une réduction de 25 % des cotisations habituelles, pendant la période de droit. L’éligibilité et les démarches sont à vérifier auprès de l’Urssaf ; les créations antérieures ne sont pas modélisées par cette case.

À 5 000 € de recettes mensuelles en BNC hors Cipav, les cotisations du scénario passent de 1 280 € à 960 €, soit 320 € d’écart. Les frais professionnels ne diminuent pas pour autant. Un prix qui ne fonctionne que pendant l’aide risque de devenir insuffisant à son terme.

Construisez donc votre tarif durable sans aide, puis utilisez l’écart temporaire pour une réserve, un investissement ou une période de démarrage. Si le droit s’arrête en cours d’année, appliquez les taux à chacune des périodes concernées, plutôt qu’une réduction sur douze mois par défaut.

Barème progressif et versement libératoire

Au régime micro classique, l’abattement dépend de l’activité et le revenu fiscal obtenu rejoint les autres revenus du foyer. Le nombre de parts et les autres revenus modifient alors l’impôt. Le calculateur compare le foyer avec et sans l’activité pour estimer le supplément d’impôt attribuable à celle-ci.

Le versement libératoire, si vous avez valablement opté et remplissez les conditions, applique un taux directement au CA : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour le BNC. À 50 000 € de BNC, cela représente 1 100 €. Cette comparaison isolée ne suffit pas à décider d’une option : les conditions d’accès et les effets sur les autres revenus doivent être examinés.

Pour une option au titre de 2026, la DGFiP indique un RFR 2024 limité à 29 315 € par part, en plus des autres conditions. Cocher l’option dans une simulation ne vérifie ni votre RFR ni la validité de votre demande. Le calculateur ne traite pas non plus exhaustivement les interactions du versement libératoire avec les autres revenus du foyer.

Franchise de TVA et plafond micro : deux contrôles à faire séparément

Les plafonds généraux de CA du régime micro indiqués pour 2026 à 2028 sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et de 83 600 € pour les services et professions libérales, hors cas particuliers. La vérification du régime dépend notamment de l’historique des recettes et des règles propres à l’activité.

La franchise en base de TVA possède ses propres seuils et règles de sortie. Une activité peut donc rester en micro tout en devenant redevable de la TVA. Pour une prestation soumise au taux standard, un tarif de 500 € HT devient 600 € TTC lorsque la TVA de 20 % s’applique. Les 100 € collectés ne sont pas un supplément de revenu.

Avant un devis ou un franchissement de seuil, vérifiez la fiche officielle de TVA avec vos chiffres de l’année précédente et de l’année en cours. Une projection de CA annuel ne détermine pas à elle seule la date exacte à laquelle vos factures doivent changer. Les opérations exonérées, internationales ou soumises à un taux réduit demandent un contrôle distinct.

Passer du guide à votre prévision

  1. Identifiez la catégorie sociale et fiscale réellement applicable.
  2. Listez vos recettes hors taxe encaissées et vos frais payés séparément.
  3. Comparez une période sans aide et, si applicable, la période ACRE.
  4. Estimez l’impôt du foyer avec les autres revenus et le régime fiscal retenu.
  5. Réservez la TVA, les cotisations et les autres échéances avant d’utiliser le solde.

Utilisez le budget annuel pour financer votre année et le calculateur principal pour tester vos hypothèses mensuelles. Pour un choix fiscal ou un changement de régime, faites confirmer les règles applicables à votre situation.

Sources et date de contrôle

Limites du cas

Aucune activité mixte, aide autre que le scénario ACRE, situation internationale, cotisation particulière, crédit d’impôt ou déduction spécifique n’est calculé. Les exemples sont fictifs et ne mesurent pas un revenu de marché.

Informations éditoriales

Responsable éditorial : TJMCalc - IGdev. Publication : . Dernière mise à jour et vérification : .

La méthode consiste à relier la recommandation du guide aux mêmes hypothèses que le calculateur : TJM hors taxe, jours facturés, frais, statut, impôt et limites de la période.

Sources et limites

Les situations particulières, plafonds, aides, conventions, professions réglementées et arbitrages de société doivent être vérifiés séparément.